Petites lèvres, nymphoplastie

 
 

Il n’y a pas de définition précise de l’hypertrophie des petites lèvres tant la normalité est difficile à établir. Cette hypertrophie apparaît à la puberté.

Qu’est ce que la nymphoplastie ou chirurgie de réduction des petites lèvres?

La nymphoplastie est une intervention qui doit être faite sur mesure, selon l'anatomie de la vulve de la patiente. La nymphoplastie est une intervention chirurgicale qui permet de réduire des petites lèvres tombantes ou trop développées (hypertrophiques). Elle peut se pratiquer dès la fin de la puberté.

L’excès de développement peut affecter une partie ou la totalité des petites lèvres.

L'intervention consiste à retirer l'excès de petites lèvres, tout en respectant le bord plissé des lèvres:

  • de façon triangulaire afin de dissimuler la cicatrice au maximum, évitant ainsi les frottements, les irritations ou la rétraction cicatricielle.
  • de façon longitudinale (c'est à dire tout le long de la lèvre). L'avantage sur la technique triangulaire est qu'elle permet de retirer plus de lèvre excédentaire, ce qui satisfait de nombreuses patientes. De plus, grâce à des techniques de suture "invisible", la cicatrice n'est pas décelable.
  • En lambda.

Les indications plus fréquentes de la nymphoplastie

L'intervention chirurgicale peut être réalisée dans 3 grands cas de figures.

La consultation est généralement motivée par :

  • Une gêne psychologique avec parfois un véritable complexe depuis l'adolescence troublant la vie amoureuse et sexuelle
  • Une gêne vestimentaire,
  • Une gêne esthétique, petite lèvre tombante, trop longue, trop volumineuse
  • Une gêne sexuelle : gène à l''intromission par pénétration des lèvres, responsable de douleurs
  • Une gêne au quotidien : lors d'activité sportive (vélo, équitation…), marche prolongée ou lors de l'habillage, toilette intime plus difficile.

Préparation

  • 2 consultations de chirurgie plastique espacées de minimum 15 jours sont obligatoires, au cours desquelles les problèmes et leur traitement sont détaillés, des photographies médicales sont également réalisées.
  • Arrêt de tout médicament ou complément alimentaire pouvant faciliter les saignements postopératoires au moins 10 jours avant l'intervention : aspirine, anticoagulants, anti-inflammatoires non stéroïdiens, vitamine E, vitamine K, oméga-3.
  • Prévoyez une période d'indisponibilité professionnelle courte de 2 à 7 jours selon l’activité professionnelle. Un arrêt de travail vous sera prescrit.

Le bilan préopératoire

  • Le bilan biologique pré opératoire est systématique et notamment les tests de coagulation, la numération formule sanguine, la ferritine, les bilans lipidique et glycémique.
  • La consultation de cardiologie avec électrocardiogramme, et si utile, échographie cardiaque, ainsi que la radiographie pulmonaire sont nécessaires, selon les patientes.
  • L’anxiété est habituelle avant toute intervention, la prescription d’un anxiolytique homéopathique ou phyto, pendant 5 jours avant l’intervention est parfois nécessaire.
  • Des produits homéopathiques sont très utiles pour diminuer les ecchymoses et la douleur postopératoire et pour améliorer la qualité de la cicatrisation.
  • La veille de l’intervention
  • Lavage complet du corps et shampooing.
  • Lavage des génitaux à la Bétadine.
  • Ne rien boire, ne rien manger, ne pas fumer après minuit. Une patiente qui n’est pas parfaitement à jeun ne peut être opérée le lendemain matin.

Anesthésie

La nymphoplastie se déroule classiquement sous anesthésie générale. Elle dure moins d'une heure. Une anesthésie locale est toujours associée au niveau des lèvres pour réduire la douleur postopératoire. Une anesthésie locale accompagnée d’une sédation est également possible.

Déroulement de l’intervention de nymphoplastie

Le principe de l'intervention est de retirer l'excès de muqueuse des petites lèvres, en sauvegardant un aspect esthétique, l’innervation et la vascularisation.

Méthode de nymphoplastie longitudinale 

  • Cette technique consiste à retirer l'excès de muqueuse le long de la petite lèvre.
  • Elle donne de très bons résultats dans le cas où l'excès de petite lèvre est réparti sur toute la longueur de la lèvre. Grâce à des techniques de suture enfouie, la cicatrice est invisible, et la lèvre conserve un aspect très naturel.
  • La suture sur le bord libre peut se faire en zigzag pour diminuer un risque de rétraction cicatricielle.
  • Le grand avantage de cette technique sur la technique de nymphoplastie triangulaire est que le risque de lâchage de suture est exceptionnel.

Méthode de nymphoplastie triangulaire ou cunéiforme

elle consiste à retirer un triangle de muqueuse excédentaire de petite lèvre.

Il s’agit d’une résection en secteur, c'est-à-dire enlever un triangle plus ou moins important, en fonction de l’hypertrophie.

La résection d'un triangle sur la moitié postérieure de la lèvre a les avantages suivants : conservation des plis naturels de la lèvre, cicatrices dissimulés dans les plis entre petite et grande lèvre, même couleur de la petite lèvre une fois suturée, même épaisseur de la lèvre sur toute sa longueur.

La résection d'un triangle au milieu de la petite lèvre a quelques inconvénients : lâchage de suture du fait de la différence d'épaisseur des 2 parties de lèvres suturées après ablation de l'excès, la cicatrice est située au milieu de la lèvre et peut être visible, il existe souvent une démarcation entre la lèvre rosée en avant, et la couleur plus foncée de la lèvre en arrière.
 

Méthode de nymphoplastie en Lambda 

La technique de nymphoplastie avec la forme d’une lettre lambda, permet d'enlever un maximum d'excès de petite lèvre, d'éviter les frottements et de garder une souplesse, associée à une bonne fermeture. Plus l'excès est important, plus la partie arrondie en lambda de la cicatrice inférieure est rapprochée du vagin vers le bas.

Votre suivi postopératoire et au delà

  • Les suites sont peu douloureuses, mais une gène est ressentie à la marche dans les premiers jours.
  • L’intervention se fait en ambulatoire.
  • Les fils sont résorbables et disparaissent spontanément 10 à 15 jours après l'intervention.
  • Une toilette rigoureuse après chaque passage aux toilettes, à l'eau (douche) et au savon.
  • Il faut bien sécher (désinfection puis sèche-cheveux) après la douche pour éviter une macération et après chaque passage aux toilettes.
  • Une compresse doit être utilisée pour protéger les sutures.
  • Il est préférable de porter des vêtements légers et des dessous en coton. La jupe est préférable au pantalon les premiers jours.
  • Les rapports sexuels sont possibles après diminution des douleurs et entièrement possibles après un mois et demi.
  • Une grossesse ne doit pas être envisagée dans les 6 mois.

Travail et sport

  • La reprise de la vie active est rapide, soit 24h après l’opération sauf dans les cas de professions sportives.
  • La reprise du sport après 1 mois.

Complications

Les complications de la nymphoplastie sont heureusement très rares. Les patientes sont dans l'immense majorité des cas très satisfaites du résultat obtenu. Cependant les complications sont imprévisibles, et peuvent survenir même lorsque le chirurgien présente l'ensemble des compétences requises à l'exercice de la chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique.

Complications générales
  • Les risques liés à l'anesthésie générale.
  • Les hématomes pouvant conduire à une ré intervention.
  • Les infections du site opératoire rares, et prévenues par une bonne hygiène et des soins locaux notamment après chaque passage aux toilettes.
Complications spécifiques
  • La désunion c'est à dire réouverture de la cicatrice. C'est une complication possible compte tenu de la possibilité de macération. Cette complication est prévenue par une suture en plusieurs plans. Si elle survient, la cicatrisation met plusieurs semaines et il faut parfois réintervenir pour faire une nouvelle suture.
  • Des troubles de la sensibilité de la région opérée sont possibles. Il y a un risque théorique de voir diminuer la sensibilité érogène de cette zone, mais cette sensation est rare et transitoire. Il n'y a pas de cas décrit dans les articles médicaux.
  • De même, des douleurs lors des rapports sont décrites, généralement de manière transitoire. Elles sont présentes dans 2/3 des cas les premiers mois.

Prise en charge par L’assurance Maladie

Cette intervention de chirurgie intime peut être prise en charge partiellement par la sécurité sociale au titre de la chirurgie réparatrice