Liposuccion

 
 

Les indications de la liposuccion

  1. La liposuccion est indiquée pour des surcharges graisseuses localisées qui ne disparaissent pas avec un régime amaigrissant ou avec de l'exercice physique.

    Les meilleurs résultats de l'intervention sont obtenus lorsque :

    • La surcharge graisseuse est localisée (et non diffuse) : bras, flancs, abdomen, culotte de cheval, face interne des cuisses, genoux, mollets, chevilles...
    • La peau est suffisamment élastique, pour pouvoir se rétracter correctement sans faire de vagues
    • Le poids du patient est proche de la normale.
       
  2. La liposuccion peut également constituer la première étape d'une intervention de remodelage complet de la silhouette avec ablation des excès cutanés, dans le cas où il existe, en plus de la surcharge de graisse, un excès de peau. Dans ce cas, on effectue en premier lieu la liposuccion, qui sert à désépaissir la couche de graisse et à remettre en tension la peau, au moins partiellement. Dans un deuxième temps opératoire on effectue l’ablation de la peau en excès.

Quelles sont les parties du corps où la liposuccion est praticable?

Hanche :

La liposuccion des hanches consiste à corriger les formes trop développées des hanches ou poignées d’amour. C’est une liposuccion fréquente chez l’homme.

Abdomen ou ventre :

La liposuccion abdominale traite un ventre rond graisseux avec une peau de bonne qualité. 
Les incisions sont situées au niveau de la surface pileuse du pubis et au niveau du nombril.

Culotte de cheval :

La culotte de cheval est constituée par un amas de graisse localisée, plus ou moins dense, au niveau de la partie externe des cuisses. 

Les incisions sont situées dans le pli sous la fesse et latéralement au dessus de la culotte dans une zone caché par les sous-vêtements. 
La liposuccion de la culotte de cheval est souvent associée à la liposuccion de la face interne des cuisses et parfois des hanches.

Genoux :

La graisse du genou alourdi la silhouette des jambes. La liposuccion des genoux a pour principe d'alléger la face interne et supérieure des genoux.

Cuisses :

La liposuccion des cuisses permet d’alléger la surcharge de graisse située à la face interne des cuisses. Lorsque la peau de l'intérieur des cuisses est trop distendue, la liposuccion des cuisses nécessite d'être associée à un lifting des cuisses.

Jambes :

La liposuccion des jambes consiste à corriger la forme cylindrique des « jambes en poteau » au niveau des mollets et des chevilles.

Fesses :

La liposuccion des fesses permet d'alléger des fesses trop chargées et « tombantes » et d’en redessiner le galbe.

Bras :

La liposuccion des bras permet d’enlever l’excès graisseux au niveau de la face interne des bras. Lorsqu’un excès de peau est présent, elle peut être associée à un lifting des bras.

Bourrelets thoraciques : il s’agit de bourrelets de graisse qui alourdissent l’aspect du dos.

Face et cou : Le double menton, les joues trop graisseuses et les plis naso-géniens peuvent également être traités par lipoaspiration.

Rappel anatomique

Sous la peau, il existe toujours une couche de graisse ou tissus adipeux, qui peut être plus ou moins épaisse selon les régions du corps et selon les individus.
Mais, dans certaines régions spécifiques il existe une deuxième et plus profonde couche de graisse, appelée lipomérie ou steatomérie pour sa localisation dans des territoires nerveux, qu'on appelle métamères, entre le fascia musculaire et le fascia superficialis. C'est donc dans ces régions spécifiques du corps que l'on trouve deux couches distinctes de graisse.
La couche profonde ou lipomérie a des caractéristiques particulières:

  1. elle ne se trouve pas distribuée partout comme la couche superficielle, mais seulement dans des localisations bien spécifiques et déterminées;
  2. l'organisation structurelle n'est pas cloisonnée;
  3. les récepteurs hormonaux sont différents.
  4. Différences histologiques:
    La couche de graisse superficielle est constituée par des concaténations de cellules adipeuses de 0,5 à un centimètre de largeur, séparées l'une de l'autre par des tissus conjonctifs. Ces cloisons sont disposées en rayon et en arches, elles sont fortement attachées à la peau et au fascia superficialis. Elles sont extensibles et adaptables à l'hypertrophie de cellules adipeuses, surtout en direction latérale comme un accordéon.

    Cette caractéristique d'élasticité en accordéon est responsable de la rétractibilité de la peau et des tissus sous-cutanés. ... (Cette structure explique pourquoi une liposuccion trop superficielle puisse casser les cloisons de tissu conjonctif et en conséquence réduire l'élasticité et la capacité de rétraction et redrapage de la peau sur un volume réduit, la destruction des cloisons en rayons et en arches produit un aspect de la peau en forme de vagues).La couche profonde n'a pas la même structure, elle a une disposition lamellaire, sans cloisons.

  5. Différences biochimiques:
    L'adipocyte est pourvu de deux types de récepteurs chimiques stimulés par l'adrénaline et la noradrénaline. Les récepteurs béta1 répondent aux catécholamines par l'activation de la lipoprotéine lipase (enzyme) qui transforme les réserves des triglycérides contenues dans l'adipocyte en acide gras et glycérol, qui passera dans la circulation sanguine et sera éliminé lipolyse. Les récepteurs alfa2 répondent aux catécholamines d'une manière opposée, ils bloquent la lipolyse. Ces récepteurs alfa2 sont particulièrement représentés au niveau de la couche de graisse profonde ou lipomérie, qui est donc une graisse bloquée: ce qui explique sa résistance à diminuer. Les catécholamines produisent une dégradation de graisse dans la circulation sanguine et en même temps bloquent la graisse de réserve qui chez l'être humain correspond à la bosse du chameau, ultime réserve de l'ultime possibilité.
  6. Différences métaboliques:
    L'adipocyte de la couche profonde est 2-4 fois plus avide en glucose que l'adipocyte de la couche superficielle, donc ces cellules deviennent plus grosses en peu temps. Ce qui explique certains cas de perte de poids avec persistance de la lipomérie, accumulation de graisse bloquée, résistante qui fait facilement entrer le patient dans un cercle vicieux obésité - dysmorphisme.
    La graisse superficielle peut facilement diminuer par le régime et l'exercice.
  7. Différences embryologiques:
    La couche superficielle est d'origine ectodermique, elle appartient entièrement au système cutané (elle est mobile avec la peau, a les mêmes fonctions de protection, élasticité et rétractibilité) alors que la couche profonde a une origine mésodermique et existe seulement dans des régions particulières du corps variables selon les individus, le sexe et l'origine ethnique, elle n'est pas mobile avec la peau, mais appartient au système musculo-aponévrotique, elle est donc fixe, elle représente une réserve énergétique qui peut être utilisée en conditions extrêmes, comme un épuisement ("starving" = mourir de faim, dépérir) physiologique.

Comment faut-il se préparer à l'intervention?

Une approche globale

L’approche globale avec une prise en charge micronutritionnelle a pour but d’obtenir des conditions optimales pour faire face à la chirurgie et préparer la peau à se rétracter convenablement. Des instructions spécifiques individuelles seront fournies afin de se préparer à intervention, elles peuvent varier selon la quantité et la localisation des amas adipeux à traiter et selon le cas spécifique. Elles incluent des directives pour manger et boire, préparation micronutritionnelle, complément homéopathique et en phytothérapie, traitement local, conseils pratiques sur l'activité permise en postopératoire.

La prise en charge globale permet également d’éviter des reprises de poids et aide à maintenir une silhouette agréable et saine.

La consultation

La consultation chirurgicale permet de recueillir les antécédents généraux, médicaux et chirurgicaux, les traitements, évaluer les problèmes, cerner vos désirs et attentes, discuter les possibilités techniques réelles, expliquer l'intervention, les risques, les bénéfices, les limites de l'intervention, les méthodes alternatives. On analysera votre corps globalement, on détectera des problèmes associés.
Une recommandation commune pour les fumeurs est d'arrêter au moins 2 semaines avant et deux semaines après l'opération. Les médicaments contenant de l'aspirine ou des dérivés doivent être évites au moins 10 jours avant et après l'intervention, pour éviter le risque de saignement. Les boissons alcoolisées doivent être évitées. Une douche doit être prise juste avant l'intervention, pas de maquillage ou de crème sur la peau.

Selon la localisation aspirée, un vêtement compressif vous sera prescrit systématiquement : le lipopanty.

Avant l'intervention le patient doit lire et signer un consentement à l'intervention, qui contient tous les renseignements à propos de l'intervention: modalités, technique, type d'anesthésie, convalescence, risques et complications possibles. C'est un document légal indispensable, utile également pour éviter d'éventuelles incompréhensions.

La préparation :

Le bilan préopératoire

Ce bilan a pour but de vous assurer une sécurité maximale lors de l’intervention : il inclut un bilan sanguin, une radiographie pulmonaire et un électrocardiogramme. Parfois un écho doppler veineux des membres inférieurs est demandé également.

Dans certains cas, l’intervention peut être l’occasion de faire des bilans aptes à dépister des carences ou des excès au niveau biochimique (voire bilan de biologie fonctionnelle) qui pourraient faire augmenter les risques opératoires et entraver le déroulement normal de la cicatrisation.

Le médecin-anesthésiste sera vu en consultation au plus tard 48 heures avant l’intervention. Le médecin anesthésiste informera le patient des risques anesthésiques. Il faut savoir que l’anesthésie induit dans l’organisme des réactions parfois imprévisibles, et plus ou moins faciles à maîtriser : le fait d’avoir recours à un anesthésiste compétent, fait que les risques encourus sont devenus statistiquement presque négligeables.
Les techniques et les produits anesthésiques ainsi que les méthodes de surveillance ont fait d’immenses progrès ces vingt dernières années, offrant une sécurité optimale, surtout quand l’intervention est réalisée en dehors de l’urgence et chez une personne en bonne santé.

La veille de l’intervention

  1. Soyez sûr d'avoir votre bilan sanguin et vos autres examens près au moins une semaine avant.
  2. Respecter toutes les prescriptions et instructions (alimentation, micronutrition, homéopathie, phytothérapie).
  3. Si vous êtes fumeurs, arrêtez de fumer au moins deux semaines avant et trois semaines après, pour éviter un spasme vasculaire (rétrécissement ou fermeture d'un vaisseau sanguin qui peut endommager les tissus).
  4. Ne prenez aucun médicament contenant de l'aspirine (pour éviter un saignement excessif) ou des boissons alcoolisées deux semaines avant et au moins une semaine après l'intervention. L'alcool augmente la rétention des liquides (oedème)
  5. Ne prenez pas de la vitamine E, 3-4 semaines avant l'intervention, car cette vitamine interfère avec la synthèse hépatique des facteurs de la coagulation à partir de la vitamine K.
  6. Si possible arrêter la pilule contraceptive ou un traitement hormonal (Ils augmentent le risque de formation de thrombose (caillots de sang) au moins un mois avant et un mois après.
  7. Opter pour une alimentation légère quelques jours avant et après l'intervention
  8. Organiser votre transport pour vous rendre et revenir de la clinique le jour de l'intervention et prévoir aussi la présence d'un adulte responsable qui puisse vous assister 24 heures après la chirurgie.

Le jour de l’intervention :

  1. Ne prenez pas le petit-déjeuner (ni manger, ni boire)
  2. Prenez vos médicaments usuels avec l'accord de l'anesthésiste, avec juste une gorgée d'eau.
  3. Mettez des vêtements confortables, ouvert devant et de chaussures confortables.
  4. Prenez une douche et faite un shampoing le matin avant de venir en Clinique (à exception des cas ou il y a un marquage préopératoire sur votre peau) enlever les lentilles de contact et le maquillage, y compris le verni à ongles, n'utilisez pas de laque ou de gel pour cheveux, enlevez tous les bijoux, enlevez tout type d'appareillage dentaire amovibles.
  5. Tenez compte du temps de votre trajet pour arriver à l'heure.
     

Comment se déroule votre intervention chirurgicale ?

  • Le principe de la lipoaspiration (mis au point à partir de 1977 par Yves-Gérard ILLOUZ) est d'introduire, à partir de très petites incisions d’environ 3-5 mm, des canules mousses, à bout arrondi, non tranchant, perforées à leur extrémité de plusieurs orifices. Ces canules sont connectées à un circuit fermé à pression négative.
  • La canule crée des tunnels sous la peau et aspire la graisse. La cicatrisation de ces tunnels se fait en entraînant en surface une rétraction de la peau. Ceci permet à la fois de désépaissir les zones de surcharge graisseuse et de rétracter la peau pour un résultat harmonieux. 

La technique opératoire

Les localisations de graisse sont infiltrées par des injections d'eau stérile avec un anesthésiant (lidocaïne) et un vasoconstricteur (adrénaline) (hydrodissection), pour déployer (provoquer une expansion de la graisse) la graisse.

Des petites incisions sont effectuées dans les plis cutanés ou dans des régions cachées par les sous-vêtements. A travers ces petites incisions on introduit les canules de lipoaspiration de taille différente, reliées à la machine d'aspiration et la graisse est aspirée dans la machine avec un mouvement de va-et vient. La quantité de graisse aspirée est récoltée dans un bocal au fur et à mesure de la liposuccion, permettant de contrôler le volume retiré de chaque côté. Les incisions ne nécessitent généralement pas de points de suture.

Un vêtement compressif est utilisé pour comprimer doucement les parties opérées afin de réduire l’œdème.

Votre suivi post opératoire et au-delà

Les suites de la liposuccion sont souvent un peu douloureuses. L'intensité de la douleur varie proportionnellement à la quantité de graisses extraites et en fonction des zones traitées.

Elles sont calmées dès le retour de l'intervention par des antalgiques et par la pose d'un lipopanty (vêtement modelant).

Une sensation de fatigue peut survenir pendant plusieurs jours.

 Le jour suivant l'opération, l'œdème et les bleus ont une variabilité individuelle.

 Après une liposuccion, la formation d'œdème est normale, il est plus ou moins important selon les patients et les régions du corps. La résorption de l'œdème s'accomplie en 4 à 6 mois. Dans la plupart des cas, le résultat est visible immédiatement, mais le résultat définitif apparaît après la complète résorption de l'œdème. Le résultat est visible dès les premiers jours, le résultat définitif est visible six mois après l'opération, un temps nécessaire pour l'absorption complète de l'œdème et au redrapage de la peau.

Pas d'enlèvement de fils de suture (les fils qui sont utilisés sont de type résorbable, mais souvent aucun fil n'est nécessaire).

Un aspect induré de la zone opérée peut persister quelques semaines, avant que les tissus s'assouplissent. Il est important de masser quotidiennement les zones endurcies avec les produits qui vous seront prescrit.
L'hospitalisation est courte (de 3 à 24 heures selon l'importance de la liposuccion et le mode d'anesthésie).

Travail et sport

Repos recommandé pour un nombre variable de jours : en moyenne une semaine.
Le temps nécessaire pour reprendre ses activités varie selon l'importance, le nombre de localisations aspirées et aussi du genre de travail ou d'activité individuelle, de la condition physique et du processus de guérison individuel. Le port d'un lipopanty permet un meilleur confort et une plus grande capacité de bouger. L’activité sportive peut être reprise graduellement après un mois.

Prise en charge par la Sécurité Sociale

Elle ne peut être remboursée que dans le cas de pathologies, répondant à l'intitulé de la sécurité sociale : "liposuccion de l’abdomen pour maladie de Launois-Bensaude, lypodystrophie sévère iatrogène"