Hypertrophie masculine du sein, gynécomastie

 
 

Hypertrophie masculine des seins

La gynécomastie est l’augmentation de volume des seins chez l'homme. Cet excès de glande mammaire est une pathologie fréquente. Il atteint 40-60 % des hommes. La gynécomastie est souvent mal vécue (gêne sociale, gêne à la pratique de sports et gêne dans l'intimité), d'autant plus si elle apparaît à l'adolescence. Elle peut toucher un seul sein ou les deux, de façon plus ou moins symétrique. Les causes sont multiples: maladies congénitales, maladies systémiques, tumeurs, prise de drogue (marijuana, anabolisants, alcool, …). Mais la gynécomastie est la plupart du temps sans cause. Le traitement est chirurgical par liposuccion associée à une ablation chirurgicale.

Rappel anatomique

La glande mammaire chez l'homme adulte est à un stade de développement équivalent à celui du sein féminin pré-pubertaire. Le sein de l'homme, bien que non développé, est réceptif aux stimulations hormonales comme celui de la femme, c'est pourquoi il peut y avoir, dans certaines circonstances, un développement bilatéral des glandes mammaires chez l'homme.

Que ce que c’est la gynécomastie ?

C’est l’augmentation du volume des seins des hommes. Ils peuvent augmenter anormalement de volume à la naissance, à la puberté et au vieillissement.

L’hypertrophie ou augmentation de volume du sein chez l’homme peut se présenter sous différentes formes : parfois, il peut s'agir d'une simple surcharge graisseuse sous-cutanée. On parle alors d’adipomastie ou gynécomastie graisseuse, elle est souvent associée à l’obésité. Une simple liposuccion suffit à la corriger. Cette intervention est peu douloureuse et laisse peu de traces.

La gynécomastie glandulaire est un excès de glande mammaire isolé chez un patient maigre. L'ablation sera obligatoirement faite par une incision autour de la partie inférieure de l'aréole. Les cas unilatéraux sont suspects de cancer du sein. Une analyse histologique sera systématique.

La gynécomastie mixte est la plus typique et fréquente, elle est composée d'un excès de glande entouré par de la graisse. L'opération combine une liposuccion et une ablation de la glande par une incision autour de la partie inférieure de l’aréole.

Parfois, l’excès de glande se manifeste uniquement par une turgescence d'aréole. C'est une forme minime d'hypertrophie du sein, uniquement constituée d'un petit noyau glandulaire isolé sans graisse. C’est une forme fréquente chez les adolescents et les sportifs, conséquence du dopage. La turgescence varie avec la température, ce qui rend plus difficile le diagnostic. Elle ne disparaît pas spontanément, l’intervention chirurgicale consiste à enlever la glande par une simple ouverture autour de l’aréole, le plus souvent sous anesthésie locale.

Quelle est la cause de la gynécomastie ?

La cause de la croissance anormale des glandes mammaires reste la plupart du temps inconnue, elle est alors dite gynécomastie essentielle ou idiopathique. En revanche, il existe des pathologies pouvant entrainer un excès de glande mammaire ou une croissance du sein chez l'homme.

Il convient donc de faire un bilan radiologique et hormonal afin d'écarter :

  • une obésité
  • un cancer des testicules, de la surrénale, de l'hypophyse, du poumon
  • un problème hormonal (insuffisances hormonales testiculaires, syndrome de Klinefelter, caractérisé par l'existence, chez un homme, d'un, deux, ou trois chromosomes surnuméraires,…)
  • une tumeur du sein
  • maladies du rein, de la thyroïde, la cirrhose du foie
  • Médicaments : les œstrogènes, les neuroleptiques, les antidépresseurs, les digitaliques, les antimitotiques, les corticostéroïdes, les anti-androgènes, la cimetidine (Tagamet), la spironolactone (Aldactone, Aldactazine)…
  • pesticides « estrogens-like» dans l’alimentation.
  • dopage

À quel âge pratiquer l'intervention ?

La cure de gynécomastie peut être réalisée à tout âge, à condition qu'un bilan soit réalisé.

La gynécomastie est fréquente chez l'adolescent : elle est liée aux poussées hormonales à la puberté, et elle rentre bien souvent dans l'ordre spontanément dans les 2 ans.

Consultation globale

La consultation permet de retrouver la cause de la gynécomastie et de la traiter selon la pathologie en cause. Le plus souvent aucune cause n’est retrouvée, mais on constate une alimentation riche en aliments de mauvaise qualité, qui proviennent de l’agriculture industrielle riche en pesticides. Les pesticides sont des molécules dites « estrogen-like » (similaires aux œstrogènes). Ils interfèrent avec la synthèse, le stockage, la libération, la sécrétion, le transport, l’élimination ou l’action des hormones naturelles. Ils agissent en imitant l'action d'hormones naturelles telles que les œstrogènes ou la testostérone. Il est donc important de changer d’habitudes alimentaires et éviter l’utilisation des substances dopantes chez les sportifs. La micronutrition peut contribuer à rééquilibrer l’état nutritionnel ainsi que la performance sportive sans recourir à des hormones ou à des substances chimiques.

Consultation

La consultation comprend l’interrogatoire, l’examen clinique et la prescription d’un bilan complet (prise de sang et échographie et/ou une mammographie sont souvent utiles pour préciser la composante glandulaire de la gynécomastie et éliminer une tumeur). L'interrogatoire du patient permet de savoir si la gynécomastie est récente (cas suspects de cancer du sein ou de maladie associée) ou ancienne (cas bénin). Le plus souvent une apparition lors de l'adolescence est retrouvée. L'absence de régression de la glande à l'âge adulte, signe la pathologie de gynécomastie et la nécessité d'opérer.

Il sera demandé au patient si le sein est douloureux et surtout dans les cas unilatéraux si un écoulement sanglant est survenu. Signes pouvant faire suspecter un cancer du sein de l'homme.

L’examen clinique permet d’analyser les seins et le thorax, d’évaluer la composante en graisse et glande des seins, d’apprécier le degré de distension de la peau pour adapter la technique opératoire en fonction. Des photographies de la gynécomastie seront réalisées.

La motivation des patients est également évaluée. Les différentes stratégies thérapeutiques sont expliquées. Lors de la deuxième consultation le point est fait sur la base des résultats des bilans. Un gilet compressif type « boléro » est prescrit.

Arrêt strict du tabac un mois avant l'intervention, pour réduire le risque de nécrose cutanée.

Le bilan préopératoire

 Le bilan biologique préopératoire est systématique et notamment les tests de coagulation, la numération formule sanguine, la ferritine, les bilans lipidique et glycémique.

La consultation de cardiologie avec électrocardiogramme, et si utile, échographie cardiaque, ainsi que la radiographie pulmonaire sont nécessaires.

Le médecin anesthésiste sera vu en consultation au plus tard 48 heures avant l’intervention.

La veille de l’intervention

Lavage complet du corps et shampooing.
Désinfection du thorax à la Bétadine ou selon prescription. Si la poitrine est très poilue une épilation avec une crème épilatoire hypoallergénique sera prescrite.

Ne rien boire, ne rien manger, ne pas fumer. Un patient qui n’est pas parfaitement à jeun ne peut être opéré le lendemain matin.

Traitement chirurgical de la gynécomastie

Si aucune cause n'est retrouvée expliquant la gynécomastie, ou si on constate un échec du traitement médical dans les cas où il existe une cause, le seul moyen de traiter la gynécomastie est de réaliser l'ablation des tissus en excès : graisse sous-cutanée et glande mammaire.

Quelles sont les traitements chirurgicaux de la gynécomastie ?

La technique chirurgicale de gynécomastie est adaptée principalement en fonction du type de gynécomastie, pouvant associer un temps de liposuccion, un temps de résection (ablation) de la glande, voire un temps de remise en tension de la peau si le sein est distendu (round-block ou lifting pour ptose).

Dans les gynécomasties graisseuses la technique de choix est la liposuccion de la graisse : une petite incision est faite au niveau du thorax, la graisse est aspirée par lipoaspiration à travers des fines canules.

Dans les gynécomasties glandulaires et dans la turgescence de l’aréole, l’ablation chirurgicale est nécessaire car la glande mammaire, qui est dure, ne peut pas être aspirée. L’incision est située en périphérie de la moitié inférieure de chaque aréole, en demi-cercle.

Dans les gynécomasties mixtes, graisseuses et glandulaires, il est important de réaliser une liposuccion mammaire et du prolongement graisseux du sein vers l'aisselle qui facilite ensuite l’ablation de la glande restante par une cicatrice péri aréolaire inférieure. Si la peau en excès est importante, on peut la retirer autour de l’aréole (c’est le round block) ou en adoptant des techniques de résection similaires à celles pour la réduction du sein féminin (cicatrice en J).

L'utilisation systématique de la liposuccion réduit les décollements chirurgicaux, délimite la glande en excès, favorise la rétraction de la peau, permet un traitement harmonieux et homogène du sein, et raccourcit la durée des suites opératoires.

La glande enlevée est envoyée en analyse, les résultats sont généralement disponibles au bout de 15 jours.

Quelle sont les suites opératoires habituelles pour la chirurgie de la gynécomastie ?

  • Un drainage aspiratif (redons) ainsi qu'un pansement compressif sont mis à la fin de l'intervention. En cas de lipoaspiration, aucun drainage n'est posé.
  • Le pansement est enlevé le lendemain.
  • Une désinfection est réalisée de manière quotidienne par le patient ou une infirmière. La douche est possible avec un pansement imperméable.
  • La durée de l'hospitalisation est ambulatoire (quelques heures en clinique) ou de 24 heures.

La convalescence est simple dans la plupart des cas, avec peu de douleur. Une douleur modérée peut-être présente, elle est calmée par des antalgiques.

Des ecchymoses (bleus) sont présentes pendant plusieurs jours ainsi qu'un œdème (gonflement).

L'aspect tuméfié et irrégulier du thorax à l'ablation du pansement disparaît en quelques semaines.

Une insensibilité transitoire est observée au niveau des mamelons, ainsi que des cicatrices.

Travail et sport

  • Un arrêt de travail d’une semaine est conseillé selon votre activité professionnelle
  • Le mois suivant la gynécomastie, il est important d’éviter tout effort musculaire important : porter des objets lourds, faire une activité sportive ou même de conduire (auto, moto, vélo). L’activité sportive peut être reprise graduellement à partir de la fin du premier mois.

Une prise en charge de la gynécomastie est-elle possible ?

Oui, à condition de remplir les conditions définies par la sécurité sociale : "intervention réalisée après bilan endocrinien, après la puberté, pour gynécomastie accusée, pouvant poser un problème d'ordre sexuel ou psychologique (en particulier gynécomastie asymétrique, douloureuse, avec distension aréolaire)".