Les seins affaissés et tombants (ptôse mammaire)

 
 

La ptôse mammaire est la chute de seins, fréquente après les grossesses. Le sein se vide et laisse un « sac » de peau vide. La force gravitationnelle et le poids des seins prennent le dessus avec le temps. La ptose se vérifie également après une importante perte de poids, le volume du sein diminue, laissant une peau excédante.

Rappel anatomique

         

Le sein a trois éléments constitutifs : la glande (acini et canaux excréteurs), le tissu collagène constituant l’architecture glandulaire de soutien et les lobules graisseux qui infiltrent la glande.

La stabilité du sein dépend de trois éléments :

  1. La peau et sa texture
  2. L’architecture glandulaire représentée par le tissu collagène de soutien
  3. Interconnexions fibreuses entre la peau et la glande (ligaments de Cooper)

La chute des seins ou ptôse est due à l’effet de la pesanteur et au vieillissement des tissus.

Les variations de volume du sein sont liées à la vie génitale au cours des périodes menstruelles, gravidiques ou de l’allaitement, ainsi qu’au vieillissement physiologique du collagène glandulaire et du derme de la peau.

Les brusques variations de poids sont également imputées.

Qu’est-ce que c’est la ptôse mammaire?

La ptose mammaire est définie par une chute de la glande mammaire et une distension de la peau qui l’enveloppe.

Les problèmes fondamentaux :

  • enveloppe cutanée trop large
  • masse mammaire déplacée vers le bas
  • l'aréole et le mamelon se retrouvent déplacés au pôle inférieur du sein.

La ptose mammaire peut exister d’emblée mais survient le plus souvent après un amaigrissement important ou au décours d’une grossesse avec allaitement.

On distingue :

  • Les ptôses cutanées dues au vieillissement du plan cutané et des ligaments de Cooper.
  • Les ptôses glandulaires dues à une involution glandulaire physiologique ou pathologique.
  • Les ptôses mixtes, cutanées et glandulaires.
     

Qu’est-ce que la mastopexie ou lifting des seins ?

La correction d'une ptose mammaire consiste à remodeler la glande mammaire en lui restituant sa place (replacer la masse du sein dans une position plus élevée et repositionner le complexe aréole-mamelon plus haut), en enlevant l'excès de peau.

Une prothèse peut être posée en même temps, si le volume est insuffisant. La taille de l'aréole peut être réduite. La possibilité d'allaiter est conservée, mais la grossesse doit être évitée pour un an.

La sensibilité peut être altérée durant quelques temps, la récupération est généralement complète après quelques semaines ou quelques mois.

Les indications

  • Les femmes qui ont des seins « vidés », tombants et qui se sentent diminuées dans leur féminité ou les femmes qui suite aux grossesses ont perdu du volume et se retrouvent avec des seins qui ne sont pas en harmonie avec leur corps.
  • Les femmes qui ont des seins un peu trop volumineux et tombants

Comment vous préparer ? Une approche globale

L’approche globale prévoit une préparation micronutritionelle adaptée à chaque cas, qui rendra un état optimal à l’organisme et aux tissus, en vue de faire face à la chirurgie et à la cicatrisation. Le processus de cicatrisation comporte une augmentation des activités cellulaires, qui cause une demande métabolique intensifiée de micronutriments*.

Les carences micronutritionnelles peuvent empêcher la cicatrisation, alors que la prise en compte de différents facteurs nutritionnels nécessaires à la cicatrisation peut réduire le temps et améliorer le résultat de la cicatrisation et le rétablissement postopératoire.

 La micronutrition peut corriger les carences dues à des insuffisances alimentaires ou à une pauvre biodisponibilité. Les carences en vitamines, minéraux, acides gras sont très fréquentes.
Un traumatisme, chirurgical ou d'autre origine, exerce un effet de diminution sur la fonction immunitaire par sécrétion d'hormones du stress.
De plus, le stress chirurgical peut changer la flore intestinale, de bénéfique à pathogène. L'intestin peut participer à la réponse hyper-métabolique au stress par la défaillance à contenir les bactéries pathogènes ou leurs produits cytotoxiques.

 

La patiente devra interrompre la pilule un mois avant et quelques mois après l'intervention parce que les hormones influencent le volume et les vaisseaux sanguins mammaires. Arrêtez de fumer au moins 4 semaines avant et trois mois après l'intervention parce que la nicotine altère le flux sanguins dans les petits vaisseaux qui apportent le sang à l'aréole et au mamelon. On vous fournira des instructions spécifiques pour vous préparer à l'intervention, éviter certains médicaments comme les stéroïdes et les anticoagulants (aspirine, coumadine, etc.) qui sont utilisés pour éviter que le sang coagule, mais peuvent provoquer un saignement excessif pendant l’intervention.

 

La consultation

La consultation chirurgicale permettra de cerner vos désirs et attentes, d'expliquer les possibilités de la chirurgie et les alternatives, les risques et les limites.
Différents aspects seront considérés et expliqués: une description détaillée de l'intervention avec la prévision des cicatrices, examens et mensurations des seins, des photos seront prises avant et après l'intervention, discussion des facteurs qui pourraient affecter l'intervention comme l'âge, la taille et la forme des seins, les conditions de la peau, discussion sur la position du complexe aréolo-mamelonaire, explication sur le type d'anesthésie, le coût et les possibilités de remboursement des caisses d'assurances maladies et des mutuelles ou des assurances.

Avant l'intervention, le patient doit lire et signer un consentement à l'intervention, qui contient tous les renseignements à propos de l'intervention: modalités, technique, type d'anesthésie, convalescence, risques et complications possibles. C'est un document légal indispensable, utile aussi pour éviter d'éventuelles incompréhensions.

La préparation :

Le bilan préopératoire

Une échographie et éventuellement une mammographie seront nécessaires.
La consultation d'anesthésie et le bilan préopératoire sont pratiqués 1-2 semaines avant la chirurgie, pour pouvoir détecter d’éventuels problèmes.

Dans certains cas, l’intervention peut être l’occasion de faire des bilans aptes à dépister des carences ou des excès au niveau biochimique (voire bilan de biologie fonctionnelle) qui pourraient faire augmenter les risques opératoires et entraver le déroulement normal de la cicatrisation.

La veille de l’intervention

  1. Soyez sûr d'avoir votre bilan sanguin et vos autres examens prêts au moins une semaine avant.
  2. Respecter toutes les prescriptions et instructions (alimentation, micronutrition, homéopathie, phytothérapie).
  3. Si vous êtes fumeurs, arrêtez de fumer au moins deux semaines avant et trois semaines après, pour éviter un spasme vasculaire (rétrécissement ou fermeture d'un vaisseau sanguin qui peut endommager les tissus).
  4. Ne prenez aucun médicament contenant de l'aspirine (pour éviter un saignement excessif) ou des boissons alcoolisées deux semaines avant et au moins une semaine après l'intervention. L'alcool augmente la rétention des liquides (œdème) .
  5. Ne prenez pas de la vitamine E, 3-4 semaines avant l'intervention, car cette vitamine interfère avec la synthèse hépatique des facteurs de la coagulation à partir de la vitamine K.
  6. S’il est nécessaire de raser la partie du corps à opérer, il est recommandé de le faire au moins un jour avant l'intervention, en respectant les instructions spécifiques.
  7. Si possible arrêter la pilule contraceptive ou un traitement hormonal (Ils augmentent le risque de formation de thrombose (caillots de sang) au moins un mois avant et un mois après.
  8. Opter pour une alimentation légère quelques jours avant et après l'intervention
  9. Organiser votre transport pour vous rendre et revenir de la clinique le jour de l'intervention et prévoir aussi la présence d'un adulte responsable qui puisse vous assister 24 heures après la chirurgie.

Le jour de l’intervention :

  1. Ne prenez pas le petit-déjeuner (ni manger, ni boire)
  2. Prenez vos médicaments usuels avec l'accord de l'anesthésiste, avec juste une gorgée d'eau.
  3. Mettez des vêtements confortables, ouvert devant et de chaussures confortables.
  4. Prenez une douche et faite un shampoing le matin avant de venir en Clinique (à exception des cas ou il y a un marquage préopératoire sur votre peau) enlever les lentilles de contact et le maquillage, y compris le verni à ongles, n'utilisez pas de laque ou de gel pour cheveux, enlevez tous les bijoux, enlevez tout type d'appareillage dentaire amovible.
  5. Tenez compte du temps de votre trajet pour arriver à l'heure.

Comment se déroule votre intervention chirurgicale ?

Elle consiste à remettre l’aréole et le mamelon en bonne position, à reconcentrer, à ascensionner la glande mammaire et à retirer la peau excédentaire afin d’obtenir deux seins harmonieux, joliment galbés et ascensionnés.

La mastopexie pour ptose mammaire nécessite obligatoirement des cicatrices sur le sein.

La technique opératoire

  1. L'intervention commence par le dessin du projet opératoire, établi en respectant les paramètres qui déterminent la position et la taille correctes du sein. Le dessin est réalisé avant l'intervention sur une patiente debout et réveillée.
    S'il existe une asymétrie entre les seins, on peut la corriger en faisant des dessins différents sur chaque sein.
  2. Repositionnement de l'aréole-mamelon au sommet du sein remodelé. La peau autour de l'aréole est retirée, et un lambeau porte-mamelon vascularisant l'aréole permet de la mobiliser pour la positionner à la bonne hauteur.
  3. Ablation de l'excès de peau (et de glande, dans les cas d’hypertrophie associée à la ptose)
  4. Remodelage et ancrage de la glande au niveau de la paroi musculaire par des points de suspension.
  5. Fermeture : sutures dermiques sous la peau.

On procède de la même façon pour les deux seins.

Comment sont les cicatrices d’un lifting des seins ?

Les cicatrices diffèrent selon le degré de la ptose. Si la ptose est très limitée, la cicatrice est uniquement péri-aréolaire ; si la ptose est modérée, la cicatrice sera péri-aréolaire et verticale ; si la ptose est plus importante, une cicatrice horizontale dans le sillon s'ajoutera aux cicatrices verticale et péri-aréolaire, afin de permettre une ablation de peau plus homogène et une meilleure redistribution de la peau, pour une forme du sein plus naturelle.

La cicatrice péri-aréolaire :

  • Elle est située autour de l'aréole.
  • Il s'agit de la technique du "round block". Elle est utilisée en cas de ptose mammaire mineure.
  • Dans la ptose mammaire plus importante, la cicatrice s'élargit, et le sein a une forme écrasée : il faut alors préférer les autres types de cicatrice.

La cicatrice verticale de lifting mammaire :

  • une cicatrice circulaire autour de l'aréole, constante
  • une cicatrice verticale située entre le pôle inférieur de l'aréole et le sillon sous-mammaire


 

La cicatrice en J ou en T inversé:

  • Une cicatrice circulaire autour de l'aréole, constante
  • Une cicatrice verticale située entre le pôle inférieur de l'aréole et le sillon sous-mammaire
  • Une courte branche horizontale dans le sillon (cicatrice en J) ou cicatrice horizontale dans le sillon sous-mammaire (cicatrice en T inversé).

Comme toutes les cicatrices, elles sont définitives et indélébiles. Leur aspect peut être rouge et visible pendant plusieurs mois. Leur aspect définitif est totalement imprévisible et se consolide après un an.

Elles doivent être soignées quotidiennement pendant 1 an avec massage, application des crèmes qui seront prescrites selon le cas, plaques siliconées et surtout par une prescription micronutritionelle. Elles doivent être protégées du soleil pendant 1 an environ.

Quel traitement en cas de ptôse mammaire avec des seins trop petits ?

En cas de seins trop petits (hypotrophie mammaire), on peut associer au lifting du sein la pose d’implants mammaires. Dans ce cas, le but de l'intervention est double : remonter les seins, et augmenter leur volume.

En cas de ptôse mammaire modérée : prothèses mammaires associées à lifting mammaire par cicatrice autour de l’aréole (round block). L'aréole est ainsi remise en bonne position, plus haute, et la peau est reconcentrée autour de l'aréole. Les résultats sont généralement excellents si les prothèses ont un volume suffisant pour retendre l'enveloppe cutanée.

En cas de ptôse mammaire sévère : prothèse mammaire associé à lifting mammaire par cicatrice verticale o en J ou en T renversé. Cette intervention consiste à retirer l'excès de peau responsable de l'aspect tombant du sein, et à redraper le sein sur la prothèse mammaire. Les cicatrices seront soit en J soit en T inversé soit verticale pure. Ce type de lifting mammaire avec prothèse, donne d'excellents résultats.

Votre suivi postopératoire et au-delà :

  • Un système de drainage aspiratif est habituellement mis en place pour réduire les risques d’hématome. Il est généralement conservé de un à trois jours selon sa production.
  • Le pansement est retiré 24 à 48 heures après l’intervention. Un pansement léger sera réalisé et vous devrez porter le soutien-gorge sans armature prescrit avant l'intervention. Il devra être porté nuit et jour pendant 2 mois.
  • L’hospitalisation dure entre 1 et 3 jours en moyenne. Il est recommandé qu’une personne accompagne votre retour à domicile.
  • Les fils sont généralement résorbables, leurs extrémités sont retirées entre 2 et 3 semaines après l’intervention.
  • La première douche est autorisée le lendemain de l’ablation des drains avec un pansement imperméable.
  • Pendant les premières semaines qui suivent le lifting des seins :
    • des ecchymoses ("bleus") des seins, souvent asymétriques. Elles persistent pendant quelques semaines, et au moins 15 à 21 jours.
    • un œdème (gonflement) des seins. D'importance variable, il peut être asymétrique. Il s’estompe dans les premières semaines, et peut parfois persister un mois ou plus.
    • une sensation de tension des seins qui s’estompe en quelques semaines.
    • les douleurs sont bien soulagées par les traitements antalgiques simples. Une gêne à l'élévation des bras est très souvent observée.
  • Les plasties mammaires peuvent entraîner une diminution de la sensibilité des aréoles, qui peut parfois être définitive.
  • La surveillance des seins par mammographie dans le cadre du dépistage systématique du cancer du sein n’est pas ou peu perturbée par le lifting des seins.
  • Le risque de survenue d'un cancer n'est pas augmenté par cette intervention.
  • Une grossesse ultérieure est bien évidemment possible ainsi qu'un allaitement, mais on conseille d'attendre au moins 1 an après l'intervention.
     

Combien de temps faut-il pour récupérer après l'opération et apprécier le résultat final?

La récupération se fait pendant 2-4 semaines. Un bon aperçu du résultat est visible immédiatement, mais l'aspect final des seins est acquis après 6-10 mois.
Le lifting de sein ne dure pas toute la vie, les effets des variations hormonales (grossesses, ménopause), force gravitationnelle, vieillissement et fluctuations de poids peuvent reprendre le dessus. Evitez les relations sexuelles durant 2 semaines. Il faut aussi éviter de soulever ou porter des poids durant 1 mois.

Travail et sport

Généralement on peut reprendre le travail après 7-10 jours. La période d'arrêt des activités sportives est de 2 mois environ.

Prise en charge par la Sécurité Sociale

Dans le cas d'une vraie ptose mammaire, c'est-à-dire tant que l'ablation des tissus en excès pèse moins de 300 grammes, il n’y a pas de prise en charge.

En revanche, si la correction de la ptose mammaire, s'accompagne d'une réduction de plus de 300 grammes par sein, alors l'intervention peut être prise en charge. Dans ce cas on ne parle plus de ptose mammaire, mais d'hypertrophie mammaire.

Même dans les cas d'amaigrissements importants, en séquelle d'obésité, la sécurité sociale ne prend pas en charge la cure de la ptôse mammaire.