Réduction mammaire

 
 

Les seins trop volumineux, ou hypertrophie mammaire

Les seins sont trop volumineux par rapport à la morphologie et à la taille de la patiente. L’hypertrophie mammaire apparaît souvent à la puberté et peut être source de complexes à l’adolescence. L’intervention peut se faire dès l’âge de 16 ans, lorsque le processus de croissance est terminé.

Rappel anatomique

Le sein a trois éléments constitutifs : la glande (acini et canaux excréteurs),  le tissu collagène constituant l’architecture glandulaire de soutien et les lobules graisseux qui vont infiltrer la glande. Suivant le développement prédominant de ces éléments, on peut distinguer 3 types d’hypertrophie :

  1. Hypertrophie glandulaire dite également virginale : c’est une hypertrophie volumineuse d’évolution rapide : les seins sont extrêmement fermes, tendus, sans ptose précoce, couverts d’un lacis veineux sous-cutané.
  2. Hypertrophie par développement excessif du tissu collagène qui enserre les éléments glandulaires et  graisseux. Les seins sont fermes mais plus malléables, plus souples, plus plastiques.
  3. Hypertrophie graisseuse caractérisée par l’envahissement de la structure glandulaire par le tissu graisseux. Cette hypertrophie survient dans un contexte d’obésité juvénile et peut correspondre à un trouble du métabolisme des lipides.
    Les seins sont assez souples, rapidement atteints par la ptôse. Cette forme peut régresser spontanément  grâce au régime.

         

Qu’est-ce que c’est l’hypertrophie mammaire ?

L’hypertrophie mammaire se définit par un volume des seins trop important par rapport à la morphologie de la patiente.

Cet excès de volume et de poids, altère l’élasticité des tissus, ce qui entraine généralement un affaissement des seins (ptôse mammaire) et de l’aréole, qui s’élargi. L’hypertrophie mammaire est souvent associée à un certain degré d’asymétrie. La région mammaire est généralement inhabitée, vide, toute la glande est étalée vers le bas.

L’hypertrophie mammaire implique parfois, selon son importance, un retentissement physique et fonctionnel avec des douleurs au niveau des épaules, du dos et du cou. Le poids de la poitrine et les douleurs amènent parfois à une attitude voutée et en conséquence à une posture erronée. La patiente peut être gênée dans les activités quotidiennes (vêtements, pratique du sport).

Qu'est-ce que la réduction mammaire ?

La réduction mammaire est une intervention chirurgicale qui permet de réduire l'hypertrophie mammaire, c'est-a dire les seins trop volumineux. La réduction mammaire retire à la fois la peau et la glande mammaire en excès.

Il s'agit de l'ablation d'une partie de la glande mammaire et de la peau pour réduire le volume et corriger la ptôse (chute) du sein qui accompagne toujours les grosses hypertrophies mammaires.
Cela comporte le repositionnement simultané du complexe aréole-mamelon (aréole = cercle pigmenté qui entoure le mamelon) (mamelon = éminence charnue qui s'élève vers le centre du sein) dans une position convenable au niveau de la poitrine.

Le but de cette intervention est d'obtenir l'aspect, la forme et le volume le plus naturel et harmonieux possible selon la morphologie de la patiente.

 

Les indications de la réduction mammaire

La réduction mammaire est généralement pratiquée plutôt pour le soulagement physique qu’elle permet, que pour une amélioration esthétique.

La majorité des femmes, candidates à cette intervention sont gênées par des seins trop gros, lourds et tombants qui réduisent leur activité et provoquent un inconfort physique: les épaules peuvent être blessées et hyper pigmentées à cause du traumatisme effectué par les bretelles du soutien-gorge, irritation ou mycose de la peau sous le sillon sous-mammaire, douleur au cou et au dos pour le poids excessif des seins, difformité du squelette et problèmes psychologiques.

Comment vous préparer ?

Une approche globale

L’approche globale prévoit une  préparation micronutritionelle adaptée à chaque cas, qui rendra un état optimal à l’organisme et aux tissus, en vue de faire face à la chirurgie et à la cicatrisation. Le processus de cicatrisation comporte une augmentation des activités cellulaires, qui cause une demande métabolique intensifiée de micronutriments*.

Les carences micronutritionnelles peuvent empêcher la cicatrisation, alors que la prise en compte de différents facteurs nutritionnels nécessaires à la cicatrisation peut réduire le temps et améliorer le résultat de la cicatrisation et le rétablissement postopératoire.

 La micronutrition peut corriger les carences dues à des insuffisances alimentaires ou à une pauvre biodisponibilité. Les  carences en vitamines, minéraux, acides gras sont très fréquentes.
Un traumatisme, chirurgical ou d'autre origine, exerce un effet de diminution sur la fonction immunitaire par sécrétion d'hormones du stress.
De plus le stress chirurgical peut changer la flore intestinale, de bénéfique à pathogène. L'intestin peut participer à la réponse hyper-métabolique au stress par la défaillance à contenir les bactéries pathogènes ou leurs produits cytotoxiques.

La patiente devra interrompre la pilule un mois avant et quelques mois après l'intervention parce que les hormones influencent le volume et les vaisseaux sanguins mammaires. Arrêtez de fumer au moins 4 semaines avant et trois mois après l'intervention parce que la nicotine altère le flux sanguin dans les petits vaisseaux qui apportent le sang à l'aréole et au mamelon. On vous fournira des instructions spécifiques pour vous préparer à l'intervention, évitez certains médicaments, comme les stéroïdes et les anticoagulants (aspirine, coumadine, etc.) qui sont utilisés pour éviter que le sang coagule, mais peuvent provoquer un saignement excessif pendant l’intervention.

La consultation

La consultation chirurgicale permettra de cerner vos désirs et attentes, d'expliquer les possibilités de la chirurgie et les alternatives, les risques et les limites.
Différents aspects seront considérés et expliqués: une description détaillée de l'intervention avec la prévision des cicatrices, examens et mensurations des seins, des photos seront prises avant et après l'intervention, discussion des facteurs qui pourraient affecter l'intervention comme l'âge, la taille et la forme des seins, les conditions de la peau, discussion sur la position du complexe aréolo-mamelonaire, explication sur le type d'anesthésie, le coût et les possibilités de remboursement des caisses d'assurances maladies et des mutuelles ou des assurances.

 Avant l'intervention le patient doit lire et signer un consentement à l'intervention, qui contient tous les renseignements à propos de l'intervention: modalités, technique, type d'anesthésie, convalescence, risques et complications possibles. C'est un document légal indispensable, utile aussi pour éviter d'éventuelles incompréhensions.

La préparation :

Le bilan préopératoire

Une échographie et éventuellement  une mammographie seront nécessaires.
La consultation d'anesthésie et le bilan préopératoire sont pratiqués 1-2 semaines avant la chirurgie, pour pouvoir détecter d’éventuels problèmes.
Dans certains cas, l’intervention peut être l’occasion de faire des bilans aptes à dépister des carences ou des excès au niveau biochimique  (voire bilan de biologie fonctionnelle) qui pourraient faire augmenter les risques opératoires et entraver le déroulement normal de la cicatrisation.

La veille de l’intervention

  1. Soyez sûr d'avoir votre bilan sanguin et vos autres examens prêts au moins une semaine avant.
  2. Respectez toutes les prescriptions et instructions (alimentation, micronutrition, homéopathie, phytothérapie).
  3. Si vous êtes fumeuse, arrêtez de fumer au moins trois semaines avant et trois mois après, pour éviter un spasme vasculaire (rétrécissement ou fermeture d'un vaisseau sanguin qui peut endommager les tissus).
  4. Ne prenez aucun médicament contenant de l'aspirine (pour éviter un saignement excessif) ou des boissons alcoolisées deux semaines avant et au moins une semaine après l'intervention. L'alcool augmente la rétention des liquides (œdème)
  5. Ne prenez pas de la vitamine E, 3-4 semaines avant l'intervention, car cette vitamine interfère avec la synthèse hépatique des facteurs de la coagulation à partir de la vitamine K.
  6. S’il est nécessaire de raser la partie du corps à opérer, il est recommandé de le faire au moins un jour avant l'intervention, en respectant les instructions spécifiques.
  7. Si possible arrêtez la pilule contraceptive ou un traitement hormonal (ils augmentent le risque de formation de thrombose (caillots de sang)) au moins un mois avant et un mois après.
  8. Opter pour une alimentation légère quelques jours avant et après l'intervention
  9. Organisez votre transport pour vous rendre et revenir de la clinique le jour de l'intervention et prévoir aussi la présence d'un adulte responsable qui puisse vous assister 24 heures après la chirurgie.

Le jour de l’intervention :

  1. Ne prenez pas le petit-déjeuner (ni manger, ni boire)
  2. Prenez vos médicaments usuels avec l'accord de l'anesthésiste, avec juste une gorgée d'eau.
  3. Mettez des vêtements confortables, ouvert devant et des chaussures confortables.
  4. Prenez une douche et faite un shampoing le matin avant de venir en Clinique (à exception des cas ou il y a un marquage préopératoire sur votre peau) enlever les lentilles de contact et le maquillage, y compris le verni à ongles, n'utilisez pas de laque ou de gel pour cheveux, enlevez tous les bijoux, enlevez tout type d'appareillage dentaire amovible.
  5. Tenez compte du temps de votre trajet pour arriver à l'heure.

Comment se déroule votre intervention chirurgicale ?

La réduction mammaire comporte une ablation concomitante de tissus glandulaires, graisseux et cutanés du sein et un repositionnement sur la poitrine du complexe aréole-mamelon. Dans la majorité des cas, l'aréole est réduite en taille. Le but de l'intervention est d'obtenir des seins les plus naturels et harmonieux possible, en forme et volume, par rapport à la morphologie de la patiente.
Les seins peuvent avoir multiples formes et tailles différentes, différent facteurs doivent être considérés, comme l'importance de la composante graisseuse, glandulaire et cutanée, les différents degrés de ptose (chute), la présence d'asymétrie, seins de longueur ou largeur différentes, différences de taille, de forme et de position des aréoles. La qualité de la peau, la présence de cicatrices et de vergetures sont aussi importantes. Les techniques de réduction mammaires varient, mais la plus fréquente prévoit une incision autour de l'aréole, verticale vers le bas et horizontale dans le sillon sous-mammaire.
Une quantité prédéterminée de peau et de tissus mammaire est enlevée, les sutures sont effectuées autour de l'aréole, verticalement et horizontalement. Afin de conserver un complexe aréolo-mamellonnaire normal, on maintient un apport sanguin et nerveux adéquat à travers un lambeau dermo-glandulaire pour transposer le complexe aréole-mamelon.

La technique opératoire :

Dessin préopératoire

Le dessin est réalisé avant l'intervention sur une patiente debout et réveillée. Des points de repère importants sont marqués sur la peau pour délimiter la future position de l’aréole et du mamelon et la résection  de peau et de glande nécessaire.

S'il existe une asymétrie entre les seins, on peut la corriger en faisant des dessins différents sur chaque sein.

Disepidermisation et repositionnement de l'aréole-mamelon  au sommet du sein remodelé

La peau autour de l'aréole est retirée, et un lambeau porte-mamelon  (qui abrite les vaisseaux qui vascularisent l'aréole) permet de la mobiliser pour la positionner à la bonne hauteur.

Ablation de l'excès de peau et de glande.

La  peau et la glande mammaire en excès sont retirées. Généralement, c’est la partie plus externe de la glande qui est retirée (celle qui est le plus souvent sujette à une transformation cancéreuse). La glande restante est remodelée et ancrée à la paroi musculaire thoracique par des points de suspensions.

Fermeture 

Les sutures dermiques sont effectuées.

 

Comment sont les cicatrices d’une réduction mammaire ?

On distingue deux types de cicatrices pour la réduction mammaire : la cicatrice en T inversé, et la cicatrice verticale. Le choix entre ces deux cicatrices est fonction de l'importance de l’hypertrophie et du relâchement de la peau. Le T sera nécessaire dans les cas d'hypertrophie mammaire importante.
Dans tous les cas, ces cicatrices sont associées à une cicatrice autour de l'aréole, nécessaire pour son repositionnement.

La cicatrice en T inversé décrit l'aspect suivant :

  • une cicatrice circulaire autour de l'aréole, constante
  • une cicatrice verticale située entre le pôle inférieur de l'aréole et le sillon sous-mammaire
  • une cicatrice horizontale dans le sillon sous-mammaire.

C'est cette cicatrice horizontale qui peut être réduite ou même évitée si la morphologie du sein et l'élasticité de la peau le permettent, réalisant une technique à cicatrice verticale ou en J.

La cicatrice verticale :

  • une cicatrice circulaire autour de l'aréole, constante
  • une cicatrice verticale située entre le pôle inférieur de l'aréole et le sillon sous-mammaire  plus éventuellement une petite branche horizontale dans le sillon sous-mammaire (en J).

 

Comme toutes les cicatrices, elles sont définitives et indélébiles. Leur aspect peut être rouge et visible pendant plusieurs mois. Leur aspect définitif  est totalement imprévisible et se consolide après un an. Elles doivent être soignées quotidiennement pendant 1 an avec massage,  application de crèmes qui seront prescrites selon le cas, plaques siliconées et surtout, par une prescription micronutritionelle. Elles doivent être protégées du soleil pendant 1 an environ.

L’allaitement sera-t-il encore possible après une réduction mammaire ?

Beaucoup de femmes sont soucieuses de savoir si l'intervention peut affecter la sensibilité du mamelon ou leur capacité d'allaiter. La sensibilité du sein est altérée pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, parce que des terminaisons nerveuses sont traumatisées par l'intervention. Après cette période, la sensibilité redeviendra progressivement normale. L'allaitement est généralement encore possible après l'intervention (lorsque les techniques décrites sont appliquées), car la majorité des galactophores restent intacts. Néanmoins, il faut éviter une grossesse au moins 1 an après l'intervention, parce que les variations hormonales peuvent altérer le processus de cicatrisation et changer le volume des seins.

A quel âge est-elle envisageable ?

 Dans certains cas, il est très important de réduire le volume excessif des seins (hypertrophie mammaire) le plus tôt possible, pour éviter que le poids excessif des seins provoque des répercussions douloureuses au niveau des épaules et du dos ou des mauvaises postures.
Généralement l'intervention peut être pratiquée dès 15-16 ans, si le processus de croissance est complet.

Votre suivi postopératoire et au-delà

  • Après l'intervention, les seins sont enveloppés dans un pansement, un petit tube de drainage peut être utilisé et être gardé deux jours, selon sa production.
  • L'ablation des fils a lieu le dixième et le quinzième jour.
  • On recommande de porter un soutien-gorge sans armature, jour et nuit pour 1-2 mois.
  • Durant la période postopératoire initiale, les seins peuvent être durs et sensibles, enflés, avec des bleus. Le gonflement (œdème) provoque un engourdissement qui part avec l'œdème en environ six semaines. Chez certaines patientes, l'engourdissement peut durer plus longtemps et occasionnellement devenir permanent.
  • Un léger écoulement des cicatrices et la formation de croûtes est normal. La cicatrisation est un processus lent et graduel.
  • Les douleurs sont bien soulagées par les traitements antalgiques simples. Une gêne à l'élévation des bras est très souvent observée.
  • La majorité des patientes se lève le jour-même. On recommande de ne pas soulever les bras au-dessus de la tête ou porter des poids pendant 4 semaines. L'inconfort est souvent le meilleur guide aux activités.
  • Evitez les relations sexuelles pour 1-2 semaines
  • Les plasties mammaires peuvent entraîner une diminution de la sensibilité des aréoles, qui peut parfois être définitive.
  • La surveillance des seins par mammographie dans le cadre du dépistage systématique du cancer du sein n’est pas ou peu perturbée par la réduction mammaire des seins.
  • Le risque de survenue d'un cancer n'est pas augmenté par cette intervention.
  • Une grossesse ultérieure est bien évidemment possible ainsi qu'un allaitement, mais on conseille d'attendre au moins 1 an après l'intervention.

Combien de temps faut-il pour récupérer après l'opération et apprécier le résultat final ?

La récupération peut prendre en général 4-6 semaines, bien que la cicatrisation complète nécessite plusieurs mois. Le temps nécessaire pour que les seins se stabilisent dans leur nouvelle forme peut être de 6 mois-1 an ; leur forme peut varier en fonction de changements hormonaux, pondéraux et par les grossesses.

Travail et sport

On recommande du repos pour une-deux semaines avant de reprendre le travail. Evitez le sport pour 4-6 semaines. Ensuite vous pouvez reprendre vos activités graduellement.

Prise en charge par la Sécurité Sociale

Les troubles entrainés par l’hypertrophie mammaire justifient, sous certaines conditions, la prise en charge de l’intervention par la sécurité sociale (excès supérieur à 300-400 g / côté selon l’indice de masse corporel).