Lipofilling, liposculpture

 
 

L’objectif de cette intervention est de se servir de la graisse du patient que l’on prélève sur une partie de son corps pour la réinjecter dans la zone désirée : zone que l’on veut combler, voire augmenter en volume. Il s’agit d’une véritable autogreffe de cellules graisseuses par la réinjection de graisse prélevée sur le patient lui-même. Cette technique est employée autant en chirurgie esthétique, qu’en chirurgie réparatrice. Le prélèvement du tissu graisseux est effectué simplement par une micro-incision dans les plis naturels du corps grâce à une petite et fine canule d'aspiration. La zone de prélèvement sera le plus souvent au niveau du ventre, ou à l’intérieur des cuisses. Les cicatrices seront quasi imperceptibles car il s’agit de microincisions.

Qu’est-ce que le lipofilling ?

Le but de l'intervention est de réinjecter la graisse du patient pour combler des dépressions (creux) naturelles ou post-traumatiques. Il s'agit donc d'une véritable auto-greffe de cellules graisseuses par réinjection de la graisse prélevée sur le patient lui-même.

Le lipofilling de Coleman

Le Dr S.Coleman a inventé un système qui utilise un procédé de centrifugation de la graisse prélevée avant réinjection, ainsi qu’une technique de prélèvement la moins traumatique possible pour la graisse. Avant de réaliser la réinjection de la graisse prélevée, la graisse est centrifugée à 3000 tours/ minute pendant 3 minutes. Cela permet de séparer la graisse, de bonne qualité à réinjecter, de l'huile (par explosion des cellules graisseuses de mauvaises qualités) et du sang.

Ce procédé augmente la fiabilité et la durée des résultats.

Quels sont les problèmes que peut traiter le lipofilling au niveau du visage ?

  • La restauration des volumes et des reliefs du visage : il peut s’agir notamment de la restauration d’un visage émacié par le vieillissement, au niveau des pommettes, des lèvres, du menton, du front, du sourcil, des tempes creusées...
  • Le comblement et l’atténuation de certaines rides, notamment les sillons nasogéniens : cela est rendu possible par le développement du micro-lipofilling
  • Le lipofilling est associé à la chirurgie des paupières pour repulper un sourcil creusé et tombant, remplir des cernes creux.
  • Le lipofilling peut être associé à un lifting cervico-facial pour créer une harmonie entre l'ovale du visage redessiné par le lifting, et les reliefs de la partie centrale du visage (pommettes, cernes, lèvres, sourcils).
  • Le lipofilling corrige les fontes graisseuses après trithérapie chez les patients HIV +.
  • Il peut combler des dépressions post-traumatiques (fracture enfoncement du malaire...) ou suite à des interventions chirurgicales.

Quels sont les problèmes que peut traiter le lipofilling au niveau du corps ?

Les pertes de volume, les creux qu’ils soient naturels, traumatiques, après accident ou chirurgie d’une tumeur, ou malformation.

Il s’agit par exemple d’un pectum escavatum, d’une perte de volume au niveau des fesses, au niveau des mollets, au niveau des seins.

Quand obtient-on le résultat définitif du lipofilling ?

Le résultat définitif ne s’observe pas avant 3 à 6 mois.
Plusieurs consultations de contrôle sont réalisées, environ 1 mois, 3 mois, 6 mois et 1 an après l’intervention.
30% de la graisse injectée peut se résorber, et donc une seconde séance de lipofilling à 6 mois-1an est toujours envisageable.

Où est prélevée la graisse et comment sont les cicatrices ?

Le prélèvement du tissu graisseux est effectué de façon atraumatique par une micro-incision cachée dans les plis naturels, à l’aide d’une très fine canule d’aspiration. On aura choisi une région discrète où il existait une réserve, voire un excès de tissu graisseux. Le plus souvent, la graisse est prélevée au niveau de l'abdomen, de la face interne des cuisses ou des genoux.

Les cicatrices sont donc très discrètes et ne font que quelques millimètres.

Une prise en charge du lipofilling est-elle possible ?

Oui, le lipofilling est pris en charge seulement pour " chirurgie réparatrice" dans les cas suivants : lipodystrophies iatrogènes du visage chez les patients HIV+ secondaires aux bi ou trithérapie antirétrovirales ; séquelles traumatiques ou chirurgicales sévères.
Dans tous les autres cas, c'est une intervention de « chirurgie esthétique », qui n’est prise en charge ni par la sécurité sociale, ni par la mutuelle.

Quel est le type d'anesthésie ?

L'anesthésie est le plus souvent locale au niveau du visage, associée éventuellement à une petite sédation intra-veineuse.

En revanche, dans le cas de lipofilling étendus du corps, l'anesthésie est plutôt générale.

Que se passe-t-il avant l'intervention ?

2 consultations de chirurgie plastique espacées de minimum 15 jours sont obligatoires avant un lipofilling, au cours desquelles des photographies médicales sont toujours réalisées.

Un vêtement compressif est éventuellement prescrit au niveau de la zone de prélèvement de la graisse.

Arrêt strict du tabac 2 mois avant le lipofilling, pour réduire le risque de nécrose cutanée.

Quelles sont les suites opératoires habituelles ?

  • L’hospitalisation dure 24 heures. La sortie est souvent possible le jour même.
  • Les fils sont retirés 5 à 7 jours après l'intervention.
  • De façon classique et habituelle, il peut exister pendant les premières semaines ou les premiers mois qui suivent le lipofilling :
    • un oedème (gonflement) et des ecchymoses ("bleus"). D'importance variable, ils sont souvent asymétriques. Ils persistent 15 à 21 jours.
    • une diminution ou une disparition de la sensibilité au niveau de l’injection.
    • Parfois des douleurs, qui sont bien soulagées par les traitements antalgiques.
  • La période d’arrêt de travail est de 2 à 8 jours.
  • La période d'arrêt des activités sportives est de 2 mois.
  • Une semaine de repos est conseillée.

Quels sont les risques du lipofilling ?

Les complications sont heureusement très rares.

Complications générales

Il s'agit des risques liés à l'anesthésie générale, des accidents thrombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire), des hématomes, des infections exceptionnelles.

Complications spécifiques

Ce sont essentiellement les imperfections de résultat :

  • Soit par résorption excessive des cellules graisseuses injectées, ce qui aboutit à une correction insuffisante de la dépression, qui peut conduire à une nouvelle réinjection de graisse quelques mois après la première.
  • Soit par hypercorrection de la dépression, beaucoup plus difficile à traiter, car pouvant conduire à une véritable exérèse chirurgicale de la graisse en excès, avec ses risques et incertitudes cicatricielles.