FAQ - Anesthésie

 
 

QUESTIONS FREQUENTES A PROPOS DE L'ANESTHESIE

Qu'est-ce que l'anesthésie topique?

Elle est obtenue par l'application de gels ou crèmes contenant des anesthésiques locaux. Elle est efficace sur la peau ou la muqueuse "normale", c'est à dire "sans irritations, inflammations ou lésions quelconques". La plus fréquente est la lidocaïne (Xylocaïne) qui est aussi utilisée pour des anesthésies locales. La crème anesthésiante est appliquée sur la peau et couverte par un pansement occlusif pendant environs une demi-heure pour un bon effet anesthésiant. Elle est souvent utilisée pour des injections locales.

Qu'est-ce que l'anesthésie locale?

L'infiltration locale prévoit l'injection de l'anesthésique directement dans la région opérée pour rendre indolore l'intervention. Ce type d'anesthésie comporte des risques mineurs.

Qu'est-ce que l'anesthésie régionale?

Il s'agit de l'obtention d'insensibilité ou d'une insensibilisation sur une partie du corps par interruption de la conductivité du nerf sensitif de cette région spécifique du corps. On peut l'obtenir par bloc local, c'est-à-dire, par la création de murs d'anesthésie qui encerclent le champ opératoire au travers d'injections d'anesthésique local ou par bloc nerveux périphérique, c'est-à-dire par l'injection locale d'anesthésique à proximité du tronc nerveux majeur. La partie innervée par le nerf ainsi bloqué devient insensible. L'anesthésique local le plus fréquemment utilisé est la lidocaïne (Xylocaïne).
La plus petite quantité à la plus basse concentration utile pour le but recherché est injectée, il y a une période de latence caractéristique entre l'application de l'anesthésique et l'effet de bloc.
L'adjonction d'adrénaline à la solution d'anesthésique locale - qui produit une vasoconstriction et une absorption plus lente au niveau du site d'injection - prolonge la durée de l'anesthésie et réduit la dose totale nécessaire.

Qu'est-ce que l'anesthésie épidurale ou péridurale?

Suive l'administration de l'anesthésique locale dans l'espace extradural dans le canal vertébral (la moelle épinière et les racines nerveuses qui en dérivent sont enveloppées dans un sac fibreux, appelé dure-mère. La dure-mère contient un liquide clair, le liquide cérébrospinal. Plusieurs racines nerveuses peuvent être bloquées en même temps par un anesthésique local injecté ou dans le liquide cérébrospinal ou autour de la dure-mère).

Qu'est-ce que l'anesthésie spinale?

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C’est l'injection d'anesthésique local dans le liquide cérébro-spinal qui agit au niveau des racines des nerfs périphériques. Elle rend insensible et mou tout le corps au-dessous du niveau auquel l'anesthésique est administré.
Elle est facilement effectuée dans la région lombaire entre L2 et L4 (deuxième et quatrième vertèbre lombaire), car la moelle épinière se termine entre L1 et L2 et le risque de la ponctionner est négligeable au dessous de ce niveau. Le choix des anesthésiques et de la technique dépend du degré et de la durée d'anesthésie que l'on désire, de la position et de la taille du patient et de la présence de facteurs qui modifient la dynamique du flux cérébrospinal.

On peut obtenir une anesthésie complète (motrice et sensorielle) pour des interventions au niveau des membres inférieurs, la région périnéale et la partie inférieure de la paroi abdominale.

Le patient est éveillé et conscient. L'anesthésie spinale est limitée au-dessous du diaphragme.
(L'avantage majeur de la technique épidurale par rapport à la spinale est qu'elle produit une bonne anesthésie sans les hasards d'une ponction de la dure-mère et l'injection des substances étrangères dans le liquide cérébrospinal).

Qu'est-ce  que l'anesthésie générale?

Elle est définie comme un état réversible d'insensibilité avec perte de conscience. Le patient n'est donc pas en mesure de percevoir ce qui se passe, il ne ressent pas la douleur, il est immobile, il n'a pas de mémoire du temps passé pendant l'anesthésie. Cette anesthésie peut être produite par une variété d'agents chimiques qui sont actifs sur le cerveau. Certains sont des gaz ou des liquides volatils, d'autres sont des substances injectables par voie veineuse.

Lorsque l'anesthésique arrive dans le flux sanguin, les substances qui affectent le cerveau passent aussi à travers d'autres vaisseaux et rejoignent d'autres organes qui en sont aussi affectés. Par conséquent, le rythme cardiaque, la tension artérielle, la respiration, la saturation d'oxygène, doivent être constamment sous contrôle de moniteurs par l'anesthésiste. Certains patients peuvent nécessiter des monitoring supplémentaires selon leur état de santé et le type d'intervention.

Quels médicaments produisent l'anesthésie générale?

Les médicaments qui produisent une anesthésie générale peuvent être administrés par inhalation, par voie intraveineuse, ou intramusculaire ou via le système gastro-intestinal. Les anesthésistes utilisent souvent une association de médicaments, pour exploiter les caractéristiques de chacun selon les nécessités des patients.

Les anesthésiques administrés par voie inhalatrice les plus fréquents sont le protoxyde d'azote, les cyclopropane, sevofluorane, desfluorane, isofluorane et halothane. Chacun a des propriétés particulières en durée d'action, puissance, facilité d'inhalation, solubilité, action sur différents organes.
Lorsque l'anesthésique est inhalé dans les poumons, le sang qui circule dans les poumons véhicule le gaz aux cellules du système nerveux central. Le taux d'absorption du gaz par le sang dépend de plusieurs facteurs incluant la concentration du gaz inspiré, le taux de flux du gaz de la machine d'anesthésie, la solubilité dans le sang, le rythme et la profondeur de la respiration, la quantité de sang que le coeur pompe chaque minute.

Une propriété importante des anesthésiques est la réversibilité: lorsque l'intervention est terminée, l'anesthésiste ferme le flux de gaz, le courant sanguin ramène le gaz aux poumons où il est éliminé et le patient se réveille.

Les anesthésiques injectables sont administrés au cerveau par injection directe dans le courant sanguin à travers un cathéter veineux. Les plus utilisés sont les barbituriques, kétamine, propofol, étomidate, thiopental, narcotiques et benzodiazépines. Leur effet dépend d'une variété de facteurs incluant le volume dans le quel le médicament est distribué dans l'organisme, la solubilité dans les graisses, le taux d'élimination. Certains parmi ces médicaments ont une action très rapide et peuvent être utilisés en plus petites doses pour réduire l'anxiété, comme prémédication avant l'anesthésie générale ou pour induire un sommeil bref et rapide (twilight sleep) ou comme sédation associée à une anesthésie locale ou régionale.

Qui est l'anesthésiste?

L'anesthésiste est un médecin spécialisé dans l'administration d'anesthésiques, dans la gestion de la douleur et dans la prise en charge de patients avant, pendant et après la chirurgie. Lorsque vous vous rencontrez la première fois, l'anesthésiste vous posera des questions à propos de vos antécédents médicaux et chirurgicaux, des éventuelles allergies, des réactions aux médicaments, des habitudes personnelles comme la prise de tabac et d'alcool qui pourraient modifier les réactions à l'anesthésie. L'anesthésiste vous examine et vérifie si vous avez des dents qui bougent ou d'autres particularités qui pourraient affecter le système respiratoire. Elle ou il analyse vos bilans sanguins, radiographies et bilan cardiaque pour déterminer le type d'anesthésie qui vous convient le mieux.
L'anesthésiste peut aussi répondre à vos questions à propos des effets collatéraux dus à l'anesthésie. Sa consultation et son explication de la procédure d'anesthésie réduit beaucoup l'appréhension qui touche la majorité des patients qui se font anesthésier et opérer.

Comment choisit-on le type d'anesthésie?

Les critères de choix du type d'anesthésie dépendent de:

  1. Age: pour des enfants en bas-âge, on préfère généralement l'anesthésie générale pour éviter un traumatisme psychologique. On fait particulièrement attention à la prémédication pour qu'ils ne soient pas angoissés et soient relaxés et en confiance lorsqu'ils arrivent au bloc opératoire. Lorsque l'enfant peut coopérer, l'anesthésie locale est une option pour certaines interventions. Pour les personnes âgées, l'anesthésie locale ou régionale peut être moins traumatique dans certains cas.
  2. Besoins particuliers du patient: état de santé y compris problèmes cardiaques ou respiratoires, insuffisance rénale, problèmes thyroïdiens … peuvent influencer le choix de l'anesthésie.
  3. Nécessité de l'intervention: durée, posture du patient, relaxation musculaire. Pour certaines interventions, cela dépend de cas individuels particuliers.

Quels sont les possibles risques et complications?

Les hasards existent. Ceux liés à l'anesthésie sont maintenant reconnus et des mesures ont été prises pour minimiser les risques (explosion de gaz inflammable, surdosage des anesthésiques, allergie aux médicaments, pneumonie d'aspiration, obstruction respiratoire, collapse pulmonaire, insuffisance circulatoire). Les avancées technologiques des machines, des produits, des équipements, des structures, ainsi que l'expérience des anesthésistes spécialisés font l'anesthésie toujours plus sûre et facile.
La période immédiatement postopératoire est très délicate parce que les supports artificiels aux fonctions vitales durant l'anesthésie sont enlevés. Le vomissement et l'obstruction de voies respiratoires peuvent se manifester, parfois, le tube endo-trachéal est laissé en place jusqu'à ce que les réflexes protecteurs reviennent pour empêcher l'aspiration du contenu de l'estomac dans les poumons. Les effets du myorelaxant peuvent persister et on peut avoir besoin d'une ventilation artificielle ou des médicaments qui s'opposent à la relaxation. L'hypotension peut se vérifier à chaque changement de position, pour l'effet vasomoteur de certains médicaments. La capacité de poumons à échanger les gaz peut être moins efficace et une hypoxie (oxygénation insuffisante des tissus) peut survenir et peut nécessiter l'administration d'oxygène. Certains parmi les anesthésiques sont hallucinogènes. Pour tous ces problèmes, une surveillance attentive et un traitement de soutien est effectué dans la salle de réveil, et le patient ne pourra pas réintégrer sa chambre s'il n'y a pas une stabilisation des fonctions vitales de respiration et de circulation. Cette surveillance sera maintenue afin d'éviter tout danger d'étouffement suite à des vomissements et sera prolongée jusqu'à que le patient soit capable de se maintenir en position sure, sans risque de tomber de son lit.

Les problèmes mineurs avec l'anesthésie générale sont des douleurs de la gorge après ablation du tube endo-trachéal, sensation de froid et tremblements qui sont facilement soulagés par des couvertures chaudes. (La température au bloc opératoire est basse pour des raisons d'asepsie).
Les maux de tête après anesthésie spinale ou épidurale sont devenus beaucoup moins fréquents avec les techniques modernes. Nausées et vomissements sont rares. La récupération motrice et sensitive est lente, la capacité d'uriner se rétablit lentement et peut prendre quelques heures.
Dans le cas d’une anesthésie locale, on peut ressentir un tiraillement ou une gêne temporaire. L'allergie aux anesthésiques locaux est très rare.

Pourquoi on ne peut pas manger et boire avant une anesthésie?

Parce que lorsqu'on est anesthésié, on perd la capacité de protéger ses poumons de l'inhalation de quelque chose qu'on ne devrait pas inhaler, on perd les réflexes qui permettent de fermer l'ouverture vers les poumons durant la déglutition. Si des solides ou des liquides sont présents dans l'estomac durant l'anesthésie, ils peuvent remonter à la bouche et être inhalés dans les poumons (pneumonie d'aspiration), ce qui endommagerait gravement les poumons....

Qu'est-ce que la sédation?

C'est un état ou il y a une réduction de la conscience, une réduction de l'anxiété. Un état durant lequel on peut s'endormir, mais durant lequel on n'est pas inconscient. Les médicaments qui produisent la sédation peuvent être administrés par inhalation, injection ou par voie orale. Les enfants qui redoutent les injections ou qui n'aiment pas boire des médicaments, peuvent recevoir une sédation par voie rectale ou par un spray nasal.

Qu'appelle-t-on être inconscient?

C'est un état de manque de perception de ce qui se passe, sans douleur, dans l'immobilité, sans se rappeler de la période d'inconscience.

Qu'est-ce que la neuroleptoanalgesie?

Une forme d'anesthésie qui associe une anesthésie locale dans le site d'opération et une sédation. Elle est aussi appelée anesthésie locale potentialisée.

Que faut-il faire avant l'anesthésie?

Une consultation d'anesthésie, bilan sanguin, électrocardiogramme, radio pulmonaire, arrêter de fumer et de boire de l'alcool, des instructions pour la nécessité de tousser et de respirer profondément pour éviter des complications pulmonaires et d'autres exercices respiratoires sont donnés individuellement.

Qu'est-ce qu'une évaluation de pré-anesthésie ou consultation d'anesthésie?

Son objectif est:

  1. Identifier des problèmes qui pourraient comporter un risque anesthésiologique ou chirurgical.
  2. D'être sûrs de faire tout le possible pour résoudre les problèmes ou corriger des particularités individuelles et paramètres anormaux (par exemple une anémie ou une hypercholestérolémie).
  3. Aider à préparer le patient émotionnellement et physiologiquement au stress de l'anesthésie et de l'intervention.
  4. Déterminer la nécessité d'un monitoring intra-opératoire particulier ou d'une technique spécifique d'anesthésie et planifier une surveillance postopératoire particulière.
  5. Connaître et évaluer les expériences d'anesthésie et de prise de médicaments passées du patient.

C'est l'anesthésiste qui effectue l'examen et l'évaluation du patient. Un bilan sanguin, une radiographie pulmonaire et un électrocardiogramme sont les examens de routine. La nécessité d'examens supplémentaires est dictée par les antécédents et l'examen physique du patient. S’il y a des antécédents de maladies cardiovasculaires, pulmonaires, rénales ou hépatiques, diabète ou autres maladies une évaluation particulière est demandée. L'échographie, la mammographie, l'écho-doppler sont les examens plus fréquemment demandés en chirurgie esthétique.

Le choix de l'anesthésie se base sur une évaluation attentive qui tienne compte du patient (son histoire, son état physique et émotionnel) et de l'intervention chirurgicale (nécessité de relaxation musculaire, durée de l'opération, position du patient durant l'opération).